Non classé

Boîte à outils : colère de parent

Il y a encore quelque temps de cela, j’étais convaincue que la colère était à bannir et qu’elle n’était pas acceptable dans une éducation bienveillante.

A vrai dire, j’ai réussi pendant quelques jours à contrôler ma colère, quand soudain le jour que je redoutais tant arriva : je me suis mise dans une colère explosive et incontrôlable. J’ai crié très fort pour me faire comprendre, j’ai osé lui mettre une tape derrière la tête et j’ai prononcé des mots très désagréables.

Je peux t’assurer que j’ai énormément pleuré et culpabilisé.

Pour moi ce n’était pas envisageable et surtout pas quand on a un blog sur la parentalité positive ! C’est très difficile de conseiller des parents avec des outils et d’être incapable de les appliquer soi-même par moments.  Alors après cette mauvaise expérience, je décidais de mettre les bouchées doubles pour maîtriser cette fameuse colère.

Mais malheureusement ou heureusement, je ne suis jamais parvenue à l’interrompre.

Ce que je veux dire par là dans « heureusement », c’est que j’ai enfin compris que cette colère était normale et humaine. Et que justement c’est en la refoulant que je suis devenue violente.

Pour moi la colère est acceptable, c’est la violence qui ne l’est pas et très souvent nous confondons les deux.

Hors la colère nous emmène entre autres :

  • à dire quand quelque chose ne nous convient pas
  • quand on souhaite que les choses changent
  • que ceci n’est pas acceptable pour nous.

Pourquoi aider mes enfants à rester en contact avec leurs émotions et leurs sentiments, si moi-même je ne reste pas en contact avec les miens ?

La bienveillance c’est avant tout être bienveillant avec soi-même pour rester suffisamment bienveillant envers nos enfants.

 

 

La colère, la peur, la tristesse, font partie de nous, ces émotions, même désagréables, nous permettent d’être humain, de nous aider à prendre des décisions et concentre notre attention sur certains problèmes .

« C’est d’ailleurs grâce à sa colère que Coluche a créé les restos de coeur » 

La tristesse me permet de faire le deuil, la colère de faire changer une situation désagréable, la peur m’informe d’un danger.

Je ne fais plus semblant pour mes enfants en leur donnant l’impression de gérer alors qu’à l’intérieur de moi ça bouillonne. Ils savent ce que je ressens ! Et vous savez la meilleure, c’est que je leur montre comment faire pour que eux sachent que c’est normal.

Aujourd’hui en écoutant mes sentiments et en les exprimant, je peux enfin me libérer. Je n’attends pas, dès que je la ressens, je l’échappe par petite touche pour éviter l’explosion. Si je suis furieuse, je le dis, si je suis fatiguée, je ne joue pas, si je suis de mauvaise humeur, je préviens etc…

La colère oui mais pas n’importe comment !

 

 

Selon Haim Ginott, dans les périodes de tensions, nous devrions avoir en mémoire les vérités suivantes :

1- Il est dans la nature des choses que les enfants nous agacent, nous irritent et nous mettent en colère.

2- Nous avons le droit d’éprouver ces sentiments sans nous sentir en faute, sans regret et sans honte.

3- Il nous est autorisé d’exprimer nos émotions, mais avec une seule restriction :

« nous ne devons jamais attaquer la personnalité et le caractère de nos enfants, et ce quel que soit le niveau de notre mécontentement ou de la colère. »

Dès que je ressens une frustration, de la colère, je n’attends surtout pas que ça monte,  j’utilise un ou plusieurs outils de la parentalité positive mis à ma disposition. L’important est de passer à un autre outil si la situation désagréable ne change pas. Je ne vais pas continuer à utiliser un outil croyant que c’est vraiment ce qu’il faut faire sachant que ça ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que, c’est justement en persistant quelque chose qui ne fonctionne pas, que nous pouvons être violent. Scientifiquement, il est prouvé qu’il est difficile pour nos enfants de maîtriser leurs émotions car le cerveau est immature et sera mature qu’à l’âge de 25 ans (en théorie, mais en pratique parfois je me dis que nous sommes pires !). Quand nous savons cela, ce n’est même pas la peine de compter sur nos enfants pour qu’il se calme en premier.

Revenons justement à mes débuts dans la parentalité positive où je décide de supprimer ma colère. Le souci a été que face à mes bambins tenaces qui reviennent à la charge encore et encore, comment rester calme et ne pas s’énerver ?

Si je m’obstine dans ce qui ne marche pas, je vais tout droit dans le mur !

Voilà comment la parentalité positive m’a fait devenir violente car j’ai voulu persévérer en stoppant ma colère. J’ai refoulé mes sentiments alors que je bouillonnais à l’intérieur.

Ça ne fait pas avancer les choses en montrant du doigt un parent qui n’arrive pas à maîtriser sa colère ou autre chose (d’ailleurs je ne crois absolument pas qu’un parent puisse être 100 % bienveillant), selon-moi, il faut plutôt se concentrer à trouver des solutions efficaces. Comme par exemple se poser ce genre de questions : est-ce que ma pratique semble marcher dans cette situation désagréable ? A court terme ? A long terme ? Etc.

Pour t’aider à transformer ta colère en quelque chose d’utile , voici différents outils que j’utilise dans ma famille :

Ne sois pas patient dès que tu ressens frustration, tristesse, colère, tu envois mais :

  • exprime ta colère sans insulte, sans attaque à la personne

exemple : ça m’enrage quand je vois les serviettes de toilette traîner au sol dans la salle de bain !

  • Évite les longs discours, soi brève, va à l’essentiel.

Exemple : Je vois une chambre en désordre.

  • Si ton humeur tient le coup, n’hésites pas à répéter la phrase avec calme et confiance
  • Tu n’es pas toujours obligé de parler, le geste est tout aussi efficace

Exemple : prendre le cartable qui traîne et le tendre devant lui

  •  Offre des choix plutôt que de menacer. Exemple : « Tu as le choix de jouer à ta console aux heures convenues ensemble ou perdre le privilège d’y jouer.
  • Ecrire un mot peut être très puissant

Exemple : Evan le matin quand tu te réveilles pour aller à l’école, je suis très énervée car j’entends beaucoup de bruit et cela me stresse car tu pourrais réveiller ton petit frère, cela me mettrait dans une colère noire. J’ai vraiment besoin que tu prennes le temps de descendre les marches doucement, de fermer la porte de la salle de bain quand tu fais ta toilette et que tu fermes la porte d’entrée délicatement. Au passage, pense à vérifier que les lumières soient éteintes. Merci ta maman qui t’aime

ou

des mots pour éviter de te répéter clique ici pour imprimer

ou

si cela ne fonctionne pas, pourquoi ne pas essayer d’être plus brève et plus ferme : EVAN QUAND TU FAIS BEAUCOUP DE BRUITS LE MATIN, JE SUIS DE MAUVAISE HUMEUR ET JE SERAI ENCORE TRES ENERVEE A TON RETOUR D’ECOLE !

  • La recherche de solutions est très efficace, il suffit par exemple lors du repas d’exprimer votre problème et demander à l’enfant concerné de trouver des solutions, c’est ensuite à vous de choisir celle qui vous convient.

Exemple : Evan, quelque chose me préoccupe. J’ai besoin de ton aide. Je sais que tu essais de ne pas faire de bruit le matin mais quand tu descends les escaliers et que tu claques la porte en partant, cela réveil toute la famille. Pourrions-nous nous entendre pour trouver une solution ?

  • N’hésite pas à hausser le ton si rien ne change (attention sans hurler, sans menacer, sans insulter)

Exemple : Je suis démoralisée et en colère quand je te demande de ranger tes affaires !

 

Voilà un peu ce que j’utilise au quotidien avec ma famille, mon nouvel objectif n’est pas de supprimer ma colère mais d’utiliser cette énergie non pas en insultant mes enfants, mais plutôt en l’utilisant pour leur donner des enseignements et leur donner des valeurs.

Dans le prochain article, nous verrons ensemble comment faire si tous ces outils ne fonctionnent pas.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Leave a Reply