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Retour d’expérience sur une parentalité consciente

 

Pour les personnes qui préfèrent lire, je vous propose un résumé de la vidéo  😉 

Mon mari et moi sommes en voiture et nous discutions ensemble du bilan de ces 2 ans d’éducation positive. Tout d’abord, nous abordions nos erreurs qui se révèlent être notre force aujourd’hui. Alors je me suis dit : « pourquoi ne pas partager ça avec toi, c’est quand même le but de mon blog » !

Pour les nouvelles, je vous rappelle que nous avons pris la décision d’éduquer nos enfants vers une éducation positive et consciente, depuis la naissance de notre petit garçon qui a aujourd’hui 22 mois.

Donc je pose tout simplement la question à mon mari : que penses-tu de l’éducation positive ?

Nous abordons alors le sujet de la parentalité positive dans l’excès. BOOMMM !!! Le sujet tabou !!!

Effectivement, quand on commence la parentalité positive on veut souvent trop bien faire, être trop parfait, et parfois on tombe dans le côté excessif. Et du coup on se rend compte qu’on ne peut pas être parfait, qu’on ne peut pas faire à la lettre ce que nous disent les livres et donc forcément, on culpabilise et on rentre dans un cercle vicieux : on se sent mal et on ne se sent pas à la hauteur. Car oui je me sentais mal quand je disais ou faisais quelque chose d’inapproprié.

Nous nous sommes rendu compte que c’était une erreur et que finalement ça n’avait rien de positif du tout.

J’avoue que c’est surtout moi qui suis rentré dans l’excès, et c’est d’ailleurs souvent le cas quand on commence quelque chose de nouveau. C’est en fait par le temps et l’expérience que nous trouvons notre propre équilibre.

Quand je parle d’excès, c’est que je me détestais et je culpabilisais quand « je pétais un câble envers mes enfants ». Pour moi, la colère ne devait pas être présente dans notre famille, nous devions montrer l’exemple en nous contrôlant. Selon moi, c’est une erreur…

Mais aujourd’hui j’ai compris qu’il était impossible de ne pas se mettre en colère (ou si, mais là je ne serais plus de ce monde). Nous pouvons faire en sorte de rester calme, bienveillant et à l’écoute des besoins de nos enfants. Mais malgré cela, si ça ne fonctionne pas et que la discussion part en cacahuète, faut pas non plus déconner, je suis humaine moi aussi, j’ai des émotions et moi aussi je pète des câbles quand mes gosses « m’embipppppppp ».

Quand je donne l’exemple de mon ado qui, la dernière fois a fait une crise de nerfs pour avoir un portable. Je t’assure qu’au début de notre discussion, j’ai tout fait pour être calme, à l’écoute et respectueuse. Mais le portable à 12 ans c’est NON ! Il veut un portable pour avoir l’occasion d’aller sur internet  sans limite de temps. J’ai déjà eu l’occasion de lui laisser libre accès aux écrans et vu les répercussions négatives (un geek), c’est plus la peine d’y compter. Comme dirait mon mari, les enfants ont besoin de limites car ils ne sont pas encore matures et ils n’arrivent pas encore à voir ce qui est bien ou pas bien, ils n’arrivent pas à se donner des limites eux mêmes (bien sûr, il y a toujours des exceptions). Nous en tant que parents, sommes dans l’obligation d’intervenir quand les choses vont trop loin.

J’explique à mon ado mes inquiétudes, mais là c’est le drame ! Colère, injure, moquerie, provocation etc…

Pendant plusieurs mois, dès qu’il y avait une crise de colère, je me contrôlais, convaincu qu’il ne fallait surtout pas s’énerver. Pourtant mon fils continuait de me provoquer en allant de plus en plus loin comme s’il cherchait les limites.

Je me sentais tellement mal, pourtant la positivité doit être également pour nous parent, non ? On doit se sentir bien, non ?

 

 

Alors cette fois-ci j’ai crié, je me suis énervée, mais mon Dieu qu’est-ce que ça m’a fait du bien ! J’explique alors dans la vidéo que je suis humaine, que j’ai le droit aussi d’être en colère. Est-ce mal ?

Bien sûr, je ne te dis pas de crier, de t’énerver envers ton enfant mais simplement de te faire comprendre que d’être parfois en colère, c’est normal et que ce n’est pas une chose qui est mal. Quand tu as essayé pas mal de choses et que rien n’a fonctionné, c’est alors une émotion de colère qui nous amène à dire  » stop, je veux que les choses changent, ce n’est pas acceptable pour moi « . Je peux te dire par mon expérience qu’il est important d’écouter les besoins des enfants mais il faut être réaliste, si tu n’écoutes pas les tiens, alors tu peux être sûr que tu vas accumuler des choses et que tu vas péter un câble.

Pourquoi accepter la colère de son enfant et pas notre colère ?

Comme je te le disais, il faut trouver l’équilibre et donc identifier dans un premier temps nos colères excessives et nos colères acceptables.

Alors oui et encore oui c’est normal la colère, c’est normal que vous craquiez, et je peux même vous dire que je ne crois absolument pas qu’un parent puisse être à 100% bienveillant, qu’il puisse ne jamais craquer car c’est une émotion qui est tout-à-fait humaine.

Nous avons tous des choses qui nous font plus de mal que d’autres, c’est propre à chacun. Par exemple, pour certaines personnes, le fait de ne pas ranger leurs affaires, ça les fait se sentir mal. Mon mari et moi sommes d’accord sur le fait que nous étions blessés profondément par rapport aux insultes de mon fils et que nous ne pouvions pas passer à travers outre cette situation difficile. Mon mari est très clair en disant qu’il est d’accord pour que l’enfant exprime sa colère mais refuse que ce soit de cette façon-là. A partir du moment où nous nous sentons mal , il faut alors faire quelque chose et ne pas passer au-dessus de tout et faire comme si de rien n’était, sous prétexte de bienveillance.

C’est vraiment une prise de conscience pour nous, que d’accepter de nous mettre parfois en colère, d’être énervés, de ne pas toujours se prendre la tête en me disant que je vais stresser mon enfant et que c’est mauvais pour son développement.

Alors, c’est décidé, nous refusons de laissé exprimer la colère des enfants sous forme d’irrespect, quelles que soit sa forme.

Pour terminer avec notre témoignage sur notre façon de voir les choses sur la parentalité consciente, nous voulions vous dire : faites-vous confiance, il n’y a pas de secrets ni de choses miracles qui peuvent marcher, mais tout est une question de bon sens et de faire les choses à notre façon, de s’écouter, de parfois se mettre en colère, de péter un plomb. A partir du moment où, quotidiennement on essaye d’être le plus juste possible et d’avoir du bon sens, alors on peut se dire que nous sommes sur la bonne voie.

Si je peux me permettre de te donner un dernier conseil : n’écoute que les personnes qui sont sur le même chemin éducatif que toi ET qui ont déjà vécu ou vivent la même chose que toi. Les livres c’est bien beau, mais en pratique c’est autre chose, crois-moi.

 

 

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9 Comments

  1. alix

    10 janvier 2017 at 14 h 40 min

    Merci. Très éclairant.

  2. Carole Huard

    10 janvier 2017 at 14 h 55 min

    Merci pour ce message qui m’aide beaucoup à déculpabiliser car je me sens souvent dans la même sensation que celle que tu viens de décrire. Merci de faire ce travail qui aide certainement beaucoup de parents sur le chemin très chaotique et difficile de la parentalité. Bonne continuation.

  3. lamas

    15 janvier 2017 at 18 h 20 min

    Pour commenter ton article je te rejoins sur le fait que comprendre son enfant et pratiquer la bienveillance ce n est pas tout accepter..de plus commencer avec un pré ado qui n a pas ete habitué à ce genre d éducation demande du temps …pour moi souvent quand on essai de trouver ensemble des solutions c’est je ne sais pas ou je n ai pas envie…sur des forum je vois aussi souvent des commentaires de personnes qui conseillent de le laisser expérimenter et en tirer les conclusion.je ne suis pas contre pour certaines choses ,par contre pour moi je tiens compte de son cerveau s’il est assez mature pour être capable de faire cette réflexion et je pense notement à l usage des écrans portable pour les ados .il ne faut pas êtres trop rigide mais je pense qu il est normal d avoir une ou deux règles non négociable (nuit) d autre négociable ( ensemble) et d autre ou on le laisse gérer…c est ca e guide aussi …de mon point de vue la limite est mince entre un excès de bienveillance et une education laxiste…. une education positive c’est communication ,écoute et guide.. …pour finir je dirais que il n y a pas une seule façon de faire valable pour tout le monde mais adaptable en fonction de nos propres valeurs,nos propres limites,et notre environnement.Même en éducation positive on peut fruster l enfant,accueillir ses sentiments mais qu il soit fâché quand même ou vice versa …merci pour cet article sincère

    1. Roselyne

      16 janvier 2017 at 10 h 01 min

      Merci beaucoup Lamas,
      il est vraiment important pour moi que les mamans comprennent et surtout ne face pas la même erreur que moi car, effectivement je te rejoins dans ce que tu dis, quand tu débutes la parentalité bienveillante « la limite est mince entre un excès de bienveillance et une éducation laxiste ». A très bientôt

  4. Magali M

    19 janvier 2017 at 18 h 24 min

    La parentalité positive, c’est prendre en compte les besoins de l’enfant en écoutant ses émotions et en faisant émerger son besoin caché. Partir d’un postulat tel que « un portable à 12 ans, c’est NON » avec le non en majuscule pour bien montrer le côté définitif de la chose, c’est un principe éducatif respectable, c’est une décision éducative qui se défend, c’est tout ce que l’on veut mais ce n’est PAS de la parentalité positive (avec le pas en majuscule pour bien montrer….)
    Cela ne remet pas en cause la qualité de l’éducation que je suis sûre vous dispensez à vos enfants, simplement c’est important pour moi qui pratique (et ai pratiqué) la parentalité positive avec mes 3 enfants de 25 à 15 ans et qui en ai fait mon métier de dire que ce que vous décrivez n’est pas de la parentalité positive.

    1. Roselyne

      22 janvier 2017 at 11 h 01 min

      Bonjour Magali,

      Je t’invite à regarder la vidéo puisque j’explique justement que nous avons eu une discussion avec mon fils au sujet du portable. Bien-sûr que je ne lui ai pas dit « NON » sans l’avoir écouté. Pour moi la bienveillance ne se résume pas à il faut, il ne faut pas, c’est bien ou ce n’est pas bien, c’est bienveillant, ce n’est pas bienveillant etc…
      Nous sommes tous différents et pour moi le plus important c’est d’écouter ses sentiments. Alors j’entends déjà dire « oui mais les besoins des enfants ? » Alors moi je n’ai pas d’aprioris sur les personnes qui passent les besoins des enfants avant les leurs, d’ailleurs nous le faisons quand il sont tout petits (nourrisson), tu n’as pas le choix et si tu souhaites continuer dans cette voix, même plus grand, il n’y a aucun soucis à partir du moment que tu te sens bien comme ça. Mais je suis intimement convaincue que passer ses besoins au détriment de l’enfant pendant des années feront « péter un cable » à un moment donné aux parents. C’est presque inhumain ! Alors les questions que je peux me poser pour prendre des décisions avec mes enfants : C’est quoi le bénéfice pour lui, si j’accepte ? Ce que ça va lui apporter ? C’est quoi le bénéfice du parent ? Ce que ça va m’apporter ? C’est quoi les risques pour mon enfant ? C’est quoi les risques pour moi? C’est quoi les risques pour notre relation ?
      Après l’enfant peut répondre en trouvant des solutions à mes peurs ou pas
      Pour moi c’est primordiale d’écouter ses sentiments, car si tu n’écoutes pas et que tu prends une décision qui va à l’encontre de ce que tu te sens prête à gérer (en écoutant les autres, par exemple) alors il y a de fortes chances que quand les problèmes vont arriver, je serai dans une situation inconfortable émotionnellement de ce que je peux gérer. Comme je serai au delà de ce que je peux gérer, il y a de fortes chances que je n’ai pas une attitude constructive et aidante pour mon enfant. Par contre si je dit NON pour le portable je suis prête à accompagner mon fils dans sa colère avec bienveillance bien-sûr. Je te remercie pour ce commentaire qui m’a permis de me comprendre encore plus. A très bientôt

  5. Gazoudesiles

    1 février 2017 at 22 h 00 min

    Quel courage d’aborder un thème comme celui la!
    Je vous dis chapeau, car il fallait oser ; sujet très tabou.
    Cependant, c’est important d’en parler. Merci d’avoir ouvert le débat que peu de gens ose ouvrir! Car en effet, certains parents (et moi compris) sont convaincus par la parentalité positive, mais ne parviennent pas à l’appliquer à toute épreuve ; surtout quand on a reçu soi même une éducation « classique ».
    C’est malheureusement en nous et parfois dans des conditions extrêmes (fatigue du boulot + problèmes d’argent et/ou de couples + enfant qui fait une crise concernant une chose précise qui nous insupporte), on se retrouve à péter les plombs! C’est humain.
    J’ai longtemps culpabiliser d’en arriver à devoir crier, punir ou donner des sanctions.
    Mais aujourd’hui, j’essai de voir les choses autrement.
    Mon point de vue sur la question est celui ci : une fois que l’on considère avoir été trop loin, il faut éviter toute culpabilisation. C’est fait ; une colère devait être exprimée ; elle est sortie de la mauvaise manière, cela arrive. Le mieux c’est de voir cette « erreur » comme une opportunité de s’améliorer, d’être meilleur.
    Ainsi, en discuter avec nos enfants en leur disant par exemple : « Je tiens à m’excuser au près de toi pour la manière dont je t’ai parlé. Il faut que tu sache que lorsque tu m’injurie un énorme sentiment de colère monte en moi. En effet je fais beaucoup de choses pour que tu es une bonne éducation et de voir que tu me traite ainsi me fais beaucoup de mal ; je ne peux l’accepter. Si tu ne comprend pas aujourd’hui ma décision de te refuser certaines choses, je reste disponible pour en parler. » Ils peuvent constater que nous sommes capables d’avouer nos moments de « faiblesses »; cela les aide à avoir confiance en eux aussi en ce disant « quand on fait une erreur, on peut se rattraper; on n’est pas quelqu’un de mauvais pour autant ».
    Du coup, quand cela m’arrive, je ne me dis pas simplement « c’est fait, c’est fait », mais plutôt « c’est fait, mais existe t il un moyen de faire autrement? ». Si j’ai la possibilité d’en parler avec d’autres parents ou de lire ou de consulter des blogs de parentalité positive, je peux parfois trouver des astuces auxquelles je n’aurai pas pensé.
    Chacun a des raison de péter les plombs pour des raisons très variées. Selon moi c’est à chaque parent de travailler ses points faibles pour mieux gérer les situations de crises. Car finalement ce qu’on leur demande c’est de s’améliorer toujours dans leurs comportements vers un respect envers leurs parents. En nous améliorant nous même, nous sommes de bons modèles!
    Merci pour ce partage.

    1. Roselyne

      3 février 2017 at 17 h 50 min

      Je te remercie pour tes encouragements et je suis complètement d’accord avec toi ! A très bientôt ❤️

  6. Carole

    3 mars 2017 at 16 h 25 min

    Bonjour,

    Effectivement, il est indispensable de ne pas tout stocker en nous et d’exprimer aussi à nos enfants ce que l’on ressent.
    Je crois que le plus important, c’est que les « coups d’éclat » durent le moins longtemps possible.
    Pour le téléphone portable, mes ados y ont eu accès à 14 ans, sous certaines conditions, même s’ils se sentaient des « aliens » par rapport à leurs camarades.
    Le résultat est que pour l’instant, ils ne sont pas encore « addict ».

    Voici un article qui pourrait aider …
    http://adolescence-positive.com/premier-telephone-portable-enfant/
    Mais il faut veiller au grain et régulièrement éviter les dérapages :

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